- Oh, excusez moi, je suis vraiment navrée, je suis parfois d'une telle bêtise ! J'étais dans mes pensées et je ne vous ais pas vu... articulais-je avec maladresse tout en ramassant mes affaires, les lunettes tombant sur le bout du nez et l'air -très probablement- ridicule habituel...
- Oh, mais ce n'est rien, répondit il. Attendez, laissez moi vous aider...
- Merçi, c'est gentil repris je tout en relevant la tête et...
STOP!!
Non, ça ne va pas. On arrête. Coupez tout ! Bien sur, je pourrais continuer, parce que c'est à ce moment là que tout t'as changé, mais ça ne va pas. Désolée de vous interrompre dans votre lecture, mais je peux pas commencer mon histoire comme ça. C'est trop facile. Oui, je sais, normalement je devrais pas intervenir et puis du coup ça va être plus long, mais tant pis. Ca ne serait pas juste de commencer par là, parce que c'est trop rapide voyons ! Et puis, j'ai eu une vie avant ça quand même ! Oui, je sais pas super géniale, je vous l'accorde, mais une vie quand même. Et comme c'est mon histoire et que c'est moi qui la raconte, eh ba je fais ce que je veux ! Na ! Alors, si vous le voulez bien, on va reprendre du début. Pas jusqu'à ma naissance, je suis pas sadique à ce point voyons ! Mais, un peu avant cet élément perturbateur comme disait ma prof de français...
Ca va j'me tais ! J'me tais !
C'était un dimanche. Il pleuvait des cordes sur Londres. Cette ville qui n'avait pas volé sa réputation puisqu'elle était plus enclin à attirer les nuages gris et pluvieux plutôt que le soleil. Ainsi, je me retrouvais sous cette pluie, un dimanche matin, à faire la queue dans la petite boulangerie au coin de ma rue. Il est vrai, qu'en bonne française que je suis, qu'il me fallait absolument ma tartine de beurre, ce qui n'était pas sans quelques sacrifices. Passer une partie de la matinée à attendre sous la pluie en était un. Ne fréquenter que les Marks & Spencer pour trouver une nourriture relativement convenable en était un autre. Enfin, malgré quelques petits problèmes dans ce genre, dû aux divergeances de goûts, je dois avouer que la vie à Londres restait pour moi le point le plus positif qui me soit arrivé ces dernières années. Je rêvais, en effet, depuis des années de vivre là-bas et l'occasion qui c'était présentée à moi de pouvoir, enfin, concrétiser l'un de mes plus grands désirs juste après mes études constituait une véritable oppurtunité que me devais de saisir. Certe, cela avait fait de la peine à mère, mais après tout j'habitais juste de l'autre côté de la Manche...
Après quinzes minutes d'attente, j'étais enfin libérée, je me retrouvais donc, ma baguette sous le bras, à déambuler rapidement sous cette pluie qui me trempais jusqu'aux os. Arrivée chez moi, Twix me sauta dessus, comme à son habitude, je le carressais tout en appelant Domino qui ne devait pas être loin, probablement couché comme paresseux dans mon lit. La journée allait être assez calme, comme tous les dimanches d'ailleurs, j'allais manger, puis prendre un livre, m'assoire avec la tête de Twix sur les genoux, pour finir la soirée devant la télé à regarder un film. Ma vie était assez banale, il faut bien le dire, je n'étais pas du genre à aller traîner tous les soirs, à aller en boîtes, et tous les trucs, dans le genre, que les gens de mon âge font. Non, moi j'aimais rester chez moi, et je suppose que c'était bien ainsi.
J'ouvrais les yeux en entendant Twix aboyer, le téléphone devait probablement sonner. Je n'avais jamais compris pourquoi, mais ce chien vouait une véritable haine au téléphone, dès qu'il sonnait il se pécipitait en aboyant pour le mordre. Le fait qu'il n'ait jamais réussit son coup devait augmenter son antipathie à l'égard de cet objet, le téléphone étant, en effet, hors de sa portée. Je me dirigais donc, vers lui, essayant, au passage, d'écarter Twix qui n'en pouvais plus, et décrochais.
- Allo ?
- Oui Mathilda, c'est Juliet, alors comment vas-tu ? Qu'est-ce tu racontes de neuf ?
Juliet était l'une de mes meillleurs amis, elle s'efforçait, avec le reste de la bande, de me sortir de ma constante létargie amoureuse.
- Eh bien, ça va, comme d'habitude... Enfin, la routine quoi, rien de spécial..
- Ah, faudrais quand même que tu te décides à sortir ! Rester tout le temps enfermée comme une marmotte chez toi, c'est pas la solution pour faire de nouvelles rencontres voyons !
- Si par "nouvelles rencontres" tu sous-entends "hommes", je te répète que c'est pas ma priorité pour le moment.
Ca faisait un an qu'elle essayait de me caser avec tous les hommes possibles: célibataires endurci ayant la trentaine bien dépassée, jeunots en tous genres, hommes d'affaires de tous âges, jeunes divorcés tous frais et etc.. Elle a même essayé, une fois, de me caser avec un homme marié !
- Les hommes sont la priorité de toutes les nanas voyons ! Arrêtes de dire le contraire, je suis sure que t'y penses !
- Oh Juliet, tu vas pas recommencer avec ça ! Je me trouverais quelqu'un quand je me trouverais quelqu'un...
- Ba bien sur, ça t'aiderais un peu si tu faisais des efforts !
Evidement, pour elle c'était facile. Elle était très jolie et n'avais donc aucunes difficultées à sortir avec tous les hommes qui lui plaisait. Pour moi c'était une autre affaire...
- Juliet, pourrait on changer de sujet, s'il te plait ?
- Bon ok ! Moi je dis ça pour toi...
- Oui je sais, sinon toi quoi de neuf ? Et avec Ethan comment ça va ?
Cela faisait quelques mois maintenant qu'elle sortait avec lui et apparement ça avait l'air de durer. Il était son équivalent mais version homme : beau, athlétique, ambitieu. Bref, ils semblaient fait l'un pour l'autre, mais jusqu'à quand...
- Ca va, on est vraiment bien ensemble, il est tellement canon ! Ah et puis au lit c'est vraiment le top, franchement il est..
- Oui, oui, épargne moi les détails si tu veux bien !
- Enfin en tout cas, saches que c'est fabuleux quoi ! :D
- Oui, c'est ce qu'il m'avait sembler comprendre...
- Ah oui, sinon je t'appelais aussi parce qu'avec les autres on a prévu de se retrouver demain soir pour prendre un verre. Tu sera, évidement, là, n'est ce pas ?
Je sentais que toute tentative d'esquiver serait inutile, je devais venir. Point.
- Eh bien, oui, bien sur...
- Très bien ! On se retrouve à l'endroit habituel vers les 6 heures.
- Ok j'y serai.
- Bon, alors à demain ma poule !
- Ouais, salut.
Je raccrochais, en me disant que ce rendez-vous n'était pas annodin, Juliet avait prévu quelque chose. Un mec. Il allait falloir, encore une fois, que je rencontre un de ses "coups arrangés". Génial...
*